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Jacob SAVERY Courtrai, vers 1565 – Amsterdam, 1603
Orphée charmant les animaux
Estimate:
€200,000 - 300,000

Complete Description

Orphée charmant les animaux
Huile sur panneau de chêne, une planche, renforcé

Signé et daté ‘IAQVES / SAVERIJ FE / 1601’ en bas à droite


Orpheus charming the animals, oil on oak panel, signed and dated, by J. Savery

18.50 x 36.61 in.

47 cm x 93 cm
Provenance:

Vente anonyme ; Amsterdam, P. Brandt, 27 novembre 1979, n° 5 ;

Kunsthandel P. de Boer, Amsterdam, en 1980 ;

Collection J. F. van Santen, Vancouver, en 1985 ;

Chez Johnny Van Haeften, Londres, en 2001 ;

Chez Robert Noortman en 2005 ;

Acquis auprès de ce dernier par l'actuelle propriétaire ;

Collection particulière européenne

Exhibitions:

Exposé au Rijksmuseum d'Amsterdam en 1980, selon une étiquette au verso ;

Roelant Savery in seiner Zeit (1576-1639), Cologne, Wallraf-Richartz-Museum, 28 septembre – 24 novembre 1985, Utrecht, Centraal Museum, 21 décembre 1985 – 16 février 1986, p.182-183, n° 93, repr. p. 195

Fables du paysage flamand, Lille, Palais des beaux-arts, 6 octobre 2012-14 janvier 2013, p. 288-289, n° 83

The Empire of Imagination and Science of Rudolf II, The Bunkamura Museum of Art, Fukuoka City Museum, Fukuoka, 3 novembre 2017–24 décembre 2017, The Bunkamura City of Art, Tokyo, 6 janvier 2018–11 mars 2018, Sagawa Art Museum, Moriyama, 21 mars 2018–27 mai 2018, p. 91, n° 49


Bibliography:

Charles Roelofsz, "Orpheus en de dieren" van Jacob Savery », Tableau 2, n° 6, été 1980, p. 312-316

Jan Briels, Peintres flamands au berceau du Siècle d'Or hollandais 1585-1630 avec biographies en annexe, Anvers, 1997, p. 146, p. 376, n° 216

Olga Kotkova, "Roelandt Savery aan het keizerlijke hof in Praag", in cat. exp. Roelandt Savery 1576-1639, Prague et Courtrai, 2010-2011, p. 47, repr.

Comment:

Il y a quelque chose de magique dans cette image envoûtante de Jacob Savery : ces ombres profondes, ce paysage qui s’étend à perte de vue, ces animaux étranges... En suivant le rayon de lumière qui provient de la gauche du tableau, nous atteignons du regard la figure d’Orphée. Son histoire est tirée d'une des légendes racontées par le poète romain Ovide dans son livre Les Métamorphoses. Doté d’une voix merveilleuse qu’il accompagnait d’une mélodie jouée à la lyre, Orphée attirait par son chant animaux et oiseaux qui venaient l'écouter. Les dieux eux-mêmes étaient charmés par sa musique et le poète Ovide raconte comment les arbres quittaient les forêts pour venir l’entendre et lui offrir de l'ombre. A travers ce remarquable panneau de grand format, Jacob Savery nous conte cette histoire et nous séduit par cette multitude d’animaux placée dans un paysage idyllique. Tous vivent en harmonie au son de la lyre d’Orphée. Des canards, des oies et des cygnes barbotent dans un petit ruisseau. Autruche, chameau, paon ainsi qu’un magnifique cheval gris sont tournés vers Orphée, séduits et envoutés. Au-dessus, les oiseaux se rassemblent : une volée d'oies, un perroquet aux couleurs vives, des cigognes aux longues pattes. La musique d'Orphée n'est pas le seul son qui émane du tableau : les animaux, le ruisseau qui coule ou encore le vent dans les arbres sont autant de mélodies qui accompagnent le héros. Par ce sujet, Jacob Savery expose son habileté à peindre les animaux. Au sein de son corpus, deux autres iconographies offrent la possibilité à l’artiste de révéler son talent de peintre animalier : l’arche de Noé et le jardin d’Eden1. Afin d’offrir une approche universelle englobant espèces locales et exotiques, Jacob Savery dut se nourrir des illustrations d’ouvrages de naturalistes publiés au XVIe et au début du XVIIe siècle tels qu’Historiae animalium liber de Conrad Gessner publié à Francfort en 1585 ou Ornithologia, hoc est de avibus historiae libri XII d’Ulisse Aldrovandi imprimé à Bologne en 1599. Les espèces exotiques, tels les éléphants, dromadaires, singes, autruches ou aras, étaient visibles dans les Pays-Bas du Sud. C’est à Anvers, ville dotée d’un port de premier plan, que des animaux sauvages parvenaient de pays lointains pour alimenter les ménageries de la ville. Aussi, dès les années 1570, ces espèces exotiques sont représentées avec exactitude dans les œuvres de Maarten de Vos et d’Hans Bol témoignant d’études réalisées d’après nature.


Si l’on en croit l’historien de l’art néerlandais Karel van Mander, c’est auprès d’Hans Bol que se forme à Anvers autour de 1580-1584 Jacob Savery. Comme lui, il est contraint de migrer vers les Provinces-Unies en raison des persécutions religieuses qui agitent les Flandres au début des années 1580 et gagne Haarlem en 1584. Il finit sa vie à Amsterdam où il s’établit en 1589. C’est de cette dernière période de sa vie que date notre tableau signé et daté ‘1601’.

Dans le sillage de Jacob, son jeune frère Roelandt, dont la production a récemment été mise en lumière par une exposition du musée du Louvre traitant des arts sous le règne de Rodolphe II à Prague, poursuit le travail de son aîné composant à son tour des paradis terrestres où fourmillent divers animaux comme dans son tableau conservé au musée d’Oslo représentant des animaux avec des ruines2. Le sujet d’Orphée charmant les animaux constitue un thème jalon de son corpus puisqu’il consacre au moins vingt-trois tableaux à ce sujet de 1603 à 1628.


1. Nous renvoyons ainsi au Jardin d’Eden (Kettwig, collection Girardet, fig. 1), L’Arche de Noé (Attribué à Jacob Savery, collection particulière, 75,5 x 123,5 cm), ou encore à une autre version d’Orphée charmant les animaux (Darmstadt, Hessisches Landesmuseum, inv. GK 178, fig. 2)

2. N° d’inv. NG.M.00019

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