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Alexandre SÉON Chazelles-sur-Lyon, 1855 – Paris, 1917
« Extase dans la Prière »
Estimate:
€4,000 - 6,000

Complete Description

« Extase dans la Prière »
Sanguine et craie blanche sur papier bleu

Titrée en bas à gauche

Dédicacée 'Dessin d'Alexandre Séon / mon ami / donné en témoignage / d'affection à mon cousin / Mr l'Abbé Paul Pidoux / 6 janvier 1920 / f. Filleerth' au verso du montage


"Extase dans la Prière", red and white chalk, by A. Séon

13.58 x 9.05 in.

34.5 cm x 23 cm
Provenance:

Collection Filliert ; 

Collection Pidoux ; 

Galerie Talabardon et Gautier, Paris, en 2015 ;

Galerie Ambroise Duchemin, Paris ; 

Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire ;

Collection particulière, Paris

Bibliography:

Jean-David Jumeau-Lafond (dir.), Alexandre Séon, la Beauté idéale, Milan, 2015, p. 228

Comment:

Après une première formation à l'École des Beaux-Arts de Lyon, Alexandre Séon intègre en 1877 à Paris l’atelier d'Henri Lehmann, où il fait la connaissance des peintres Georges Seurat, Edmond Aman-Jean et Alphonse Osbert. Sa rencontre avec Pierre Puvis de Chavannes au début des années 1880 est déterminante : il devient son élève et l'assiste sur plusieurs chantiers décoratifs. Séon s'approprie progressivement son goût pour les sujets oniriques, ainsi qu’une facture plus synthétique et monochrome. Dès le début des années 1890, le jeune artiste adopte les principes esthétiques du symbolisme et participe à la création du Salon de la Rose + Croix de Joséphin Péladan, dont il peint le portrait. Son art combine un esprit symboliste, avec une influence néo-impressionniste et une grande maîtrise du dessin. Les dessins de Séon, à la sanguine ou au crayon, reflètent ses théories sur la pratique artistique. Pour atteindre le beau, il ne faut pas chercher à représenter l'individualité mais un type physique propre, aux proportions rigoureuses et symétriques afin de montrer, dans un rapport parfait d'équilibre, le corps idéal. La recherche de la perfection de Séon passe par une technique savante et systématique : la composition est symétrique, les contours sont précis, les hachures proportionnées et les volumes très légers. Des femmes juvéniles aux visages purs et sereins peuplent ainsi la majorité de son œuvre dessiné. La figure extatique représentée sur notre sanguine rehaussée de craie blanche s'inscrit dans cette symétrie parfaite. Elle peut être directement rapprochée d’une série de deux toiles peintes dans les premières années du XXe siècle. Exposée à la Société lyonnaise des Beaux-Arts en 1904 puis à Paris au Salon des Indépendants en 1907, la première, Île de Bréhat - Bretagne figure une jeune femme reprenant la même pose aux mains jointes que notre dessin, devant un paysage marin de l'Île de Bréhat. Peinte deux ans plus tard, la deuxième, intitulée La Fille de la mer, aujourd'hui conservée au musée d'Art moderne de Saint-Étienne Métropole (fig. 1), reprend le même sujet dans un cadrage plus resserré et en tondo, plus proche de notre feuille. Enfin, une étude au crayon pour les mains jointes de la figure est récemment entrée au musée d'Orsay, grâce au don de Jacques et Elisabeth Foucart, en mémoire de Bruno Foucart (fig. 2).


Fig. 1 : Alexandre Séon, La Fille de la mer, vers 1904, Huile sur toile (24,2 x 21,6 cm), Saint-Étienne, musée d'Art moderne.


Fig. 2 : Alexandre Séon, Étude de mains, graphite sur papier (16 x 15 cm), Paris, musée d'Orsay (RF MO AG 2021 3 5).


Nous remercions Monsieur Jean-David Jumeau-Lafond de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre dans un courriel en date du 10 décembre 2025.

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