Importante correspondance (38 pièces) de Georges Rochegrosse à différentes personnalités (Laurent Tailhade, Catulle Mendès, Pierre Louÿs, mais aussi des maîtres et critiques). On y voit son travail, pour l’illustration de livres ou pour des commandes de peintures, mais également son action pour la mémoire de son beau-père, Théodore de Banville.
1. Carte A. S. à Paul Fort, s. d. [février 1894], 1 p. in-12 : « Tous mes remerciements, cher Monsieur pour l'envoi de Monnaie de Fer - et si vous le permettez, toutes mes très vives félicitations pour cette nouvelle affirmation de votre talent si personnel et d'une saveur si étrange. » Au sujet de la plaquette de vers d'inspiration symboliste de Paul Fort, intitulée Monnaie de Fer.
2. Lettre A. S. à Pierre Louÿs, 4 janvier 1898, 1 p. in-12 : « Combien j'ai été touché de la nouvelle marque de sympathie que vous avez bien voulu me donner en m’envoyant votre livre… ». Rochegrosse relit « avec joie ces exquises chansons de Bilitis qui autrefois déjà m'avaient ravi. »
3. Lettre A. S. à Armand Berton, 8 mars 1895, 2 p. in-12 : « Votre lettre me stupéfie car jamais il n’a été question pour moi d’un voyage à Alger en ce moment […]. » Il propose à son correspondant d’utiliser les places de spectacle jointes à sa lettre (ici absentes).
4. Lettre A. S. à Laurent Tailhade, Neuilly, [1910 ou 1911], 3 p. in-12 : « Tous mes grands remerciements pour la Louange de Sophie Cottin [… et] la joie de lire vos beaux vers ». Il indique en post-scriptum que « Le “petit giton” [pour le Satiricon] est enfin prêt. »
5. Lettre A. S. à « Mon cher de Feure » (vraisemblablement Georges de Feure, 1868-1928, peintre et décorateur), 3 p. in-12. Condoléances pour la mort d'un bébé.
6. Lettre A. S. à une demoiselle, s. d., 2 p. in-12 : « j’aurais été très heureux d’accéder au désir que vous m’exprimez […] ; malheureusement cette peinture ne m'appartient pas, elle est la propriété du Petit Journal. »
7. Carte-lettre A. S. à Laurent Tailhade, « jeudi soir » [21 juin 1912], 1 p. in-12. Après une journée passée à « d'odieuses courses dans Paris », il regrette de ne pouvoir assister à la causerie à laquelle l’invite son correspondant.
8. Lettre A. S. à Monsieur Stroma, son tailleur, s. d., 1 p. ½ in-12 : « Voici les deux échantillons. Le rayé pour le costume, l'autre pour le paletot ». Rochegrosse est très pressé.
9. Carte-lettre A. S. à Melle Marie Louise, Paris, [1905], 1 p. in-12 : changement de rendez-vous pour la pose avec le modèle : il ne pourra « pas travailler à mon tableau de toute la semaine. »
10. Carte-lettre à « Monsieur Caslant », Paris, [28 mars 1902], 1 p. in-12 : il fera tout son possible pour le jeune artiste recommandé mais « les opérations du Jury sont déjà très avancées. »
11. Carte A. S., El-Biar, 2 janvier 1919, 2 p. in-12 : à propos de la mort du « pauvre Claude » (Claude Couturier, peintre et romancier, décédé le 28 novembre 1918). « Vous savez combien j'aimais mon pauvre ami et vous avez bien deviné quel déchirement m’a causé sa perte. C'est tant de souvenirs en même temps… notre jeunesse et la maison Banville ! » Claude Couturier avait été témoin lors de son mariage le 24 juin 1896 à Paris.
Verso insolé.
12. Carte A. S. à un monsieur, 2 p. in-12 : « Je ferai tout ce qui me sera possible en votre faveur auprès de mes confrères des Aquarellistes […]. La seule difficulté viendra, je crois, du grand nombre d’artistes qui se présentent cette année… ».
13. Lettre A. S. à un Monsieur, 2 p. in-12 : il demande un délai pour « livrer le tableau que je destine à la vente au profit de la jeune fille du regretté A. Gouzien. […] La toile que j’ai commencée pour cette œuvre à laquelle je tiens très vivement à prendre part, ne pourrait être convenablement terminée qu'à cette date. » Le destinataire est très probablement Armand Gouzien (1839-1892) journaliste, critique dramatique et musical, qui fut également directeur des Beaux-Arts.
14. Lettre A. S. à Monsieur Piogey, 2 p. in-12 : son très ami Courtois-Suffit, architecte « a bien voulu s’occuper avec beaucoup de dévouement et de talent de la partie architecturale du monument de Théodore de Banville […] ». Un docteur Piogey était le médecin et ami de Théodore de Banville et de Baudelaire.
15. Lettre A. S. à un Monsieur, 2 p. in-12 : Rochegrosse « est très flatté que vous ayez bien voulu penser à moi et j’accepte avec grand plaisir de faire partie du comité de patronage de cette Union des amis des Beaux-Arts […] ».
16. Lettre A. S., Paris, vendredi s. d., 1 p. in-12 : remerciements après son retour de voyage « pour la superbe page que vous avez bien voulu me dédier ».
17. Lettre A. S. à Catulle Mendès, Djenan Meriem El Biar près d'Alger, jeudi s. d., 3 p. in-12 : à propos de « notre bien aimé Père Banville ». Charles Morice était venu lui « demander l'autorisation de faire paraître un choix de Poésies de Th. de Banville. Ceci répondait à un désir que j’avais depuis longtemps – et j’ai donc accepté – mais sous réserve que le choix même des poèmes serait contrôlé par des poètes autorisés », au premier rang desquels il place son interlocuteur.
18. Lettre A. S. à [Maurice Hamel], El Biar, 22 octobre 1925, 8 p. in-12 : à propos du Prix de Rome. « Tout vieux “pompier” que je suis, je n’ai pas passé – à l’époque lointaine de ma jeunesse – par l’École de Rome, de sorte que je suis mal renseigné sur l’éducation qu’on y reçoit et sur son utilité. » Il lui semble que les temps ont changé. « Les œuvres, il faut bien se l’avouer, n’émeuvent plus les jeunes gens d’aujourd’hui […]. Certaines de ouvres nouvelles parmi celles des Futuristes, des Cubistes, des Synchronistes, etc. témoignent même d’une entrée résolue dans un monde nouveau… au seuil, presque, de la 4e dimension, pourrait-on dire… »
19. Lettre A. S. à un Monsieur, Paris, 6 mai 1910, 3 p. in-12 : « je viens de terminer l’esquisse que je vous ai promis de faire pour le tableau que vous m’avez commandé […]. J’espère avoir bien compris votre désir. »
20. Lettre A. S. à un Monsieur (le même que précédemment), Paris, 7 juin 1910, 4 p. in-12, incomplète : « je vous ai expédié hier en colis postal recommandé, l’esquisse dont je vous ai parlé dans ma lettre précédente […]. Je suis parti du point de départ que vous m’avez indiqué pour le choix du sujet et l’arrangement général. Dans l’atrium d’une riche maison greco-romaine on vient proposer une jeune esclave à un praticien. »
21. Carte A. S. à un Monsieur, S. l. n. d. [20 décembre 1893], 1 p. in-12 : Remerciements pour « l'envoi de votre beau poème […], sa lecture m’a causé une rare émotion d'art. »
22. Lettre A. S. à un monsieur (Jérôme Doucet ?), S. l. n. d., 3 p. in-12 : Rochegrosse expédie Melœnis (conte romain de Louis Bouilhet paru dans la Revue de Paris en 1851) et « vos quatre exemplaires avec croquis et dédicace… […] Je serais bien content que vous me couvrissiez d'or le plus tôt possible […]. » Il ajoute en post-scriptum : « Ma mère, Mme Th. de Banville me charge de vous transmettre ses remerciements pour l'offre de la Damnation de Pierrot [de Jérôme Doucet, un acte en vers, Vanier, 1893, dédié à Théodore de Banville] qui lui a fait grand plaisir. »
Jérôme Doucet (1865-1957), auteur de comédies, poésies, contes, ouvrages d'art, bibliophile, fut également directeur de la Revue Illustrée.
23. Lettre A. S. à un Monsieur, El Biar, 10 février [1911 ?], 1 p. ¼ in-12 : Rochegrosse en Algérie pour de longs mois encore ne peut recevoir son correspondant « pour nous entretenir de son œuvre si intéressante. »
24. Lettre A. S. à une dame, S. l. n. d., 2 p. in-16 sur papier gris au monogramme gaufré G R : Regrets de ne pouvoir se rendre à une « si précieuse invitation. » Il sera « en province réquisitionné pour un mariage ».
25. Trois cartes de visite :
Une au crayon à « Mon cher maître, Tous ceux qui aiment l'art sont heureux de votre nomination mais personne plus que votre petit et dévoué Georges » (Dehodencq, Boulanger, Jules Lefébure ont été les professeurs de Rochegrosse), une autre à « Mon cher Bergerat » (Émile Bergerat, 1845-1923, écrivain) : « Un peintre qui vous aime et dont vous avez encouragé les débuts - est bien heureux de pouvoir vous appeler Monsieur le Chevalier, comme dans Marivaux. » À l'occasion d'une nomination dans l’ordre de la Légion d'Honneur. La dernière, au crayon : « Bien vives et affectueuses félicitations. »
26. Lettre A. S. de Marie Élisabeth Rochegrosse, la mère du peintre, à un docteur, jeudi 2 avril s. d. : très inquiète pour son petit garçon, craignant la petite vérole, elle n'ose le faire sortir. Que le médecin soit assez bon pour venir le voir.
Marie Élisabeth Rochegrosse, née Bourotte, avait été abandonnée par son mari Jules, peu de temps après la naissance de son fils Georges. Elle vivait en concubinage avec Théodore de Banville dès 1863 et se maria avec lui en 1875, après la mort de Jules. Banville fut un « père adoptif » exceptionnel.
27. Lettre A. S. à un « cher ami » (Jules Perrin, secrétaire de l’administration de la Manufacture de Sèvres), S. l. n. d. [Neuilly, 2 juin 1929], 4 p. in-16, enveloppe jointe : il le remercie pour le vase « mais une idée vient de traverser en zigzag mon marécageux crâne de peintre. Ne fallait-il pas répondre à cette lettre ? »
28. Lettre A. S. à Sully Prudhomme, s. l. n. d. [1892 ?], 2 p. in-12 : « votre tout aimable carte m’a causé le plus grand plaisir et m’a touché plus que je ne saurais dire. »
29. Billet A. S. à un « cher sociologue et ami », S. l. n. d., 1 p. in-12 : « sensible à vos reproches, je me rendrai au prochain banquet en chemise et pieds nus (moralement) et je ferai en sorte à l’avenir de faire des tableaux tellement pompiers et si dénués de tout intérêt, que vous me rendrez, j’espère, votre estime. »
30. Lettre A. S. à « mon cher Maître », Paris, 31 décembre 1888, 3 p. in-8 : sur un ton sarcastique et spirituel, il s’excuse de ne pas avoir répondu plus tôt. « Et puis écrire, c’est si dur ! surtout pour constater avec l’humilité la plus vile votre écrasante supériorité artistique. » Un dessin illustre la « petitesse » de Rochegrosse face à son interlocuteur.
31. Carte postale A. S. à Nessler, Neuilly, 30 juillet 1911 : « Bien reçu l’esquisse revenue en bon état. »
32. Billet A. S. à Nessler, El Biar, 7 avril 1911, 1 p. in-12 : reçu pour la somme de 10 000 francs en paiement d’un tableau « la nouvelle esclave ».
33. Carte A. S. à [Nessler], Djenan Meriem El Biar près d'Alger, [début 1909], 1 p. in-12 : félicitations « sur l’arrangement très artistique de votre galerie et de votre jardin gréco-romain. »
34. Lettre A. S. à Armand Gouzien, S. l. n. d., 3 p. in-12 : il vient seulement de trouver la lettre de son interlocuteur « à la campagne où je me liquéfie depuis quelques jours et je n’ai pas une photographie présentable ici. »
35. Carte postale A. S. à [Adolphe Boschot], S. l. n. d. : il le remercie pour les « vers charmants ».
36. Carte A. S. à un ami, S. l. n. d. [1913], 1 p. in-12 : « votre lettre me revient d’Algérie ici, où je suis venu passer quelques temps, appelé par mes absurdes fonctions de membre du jury du Salon ».
37. Lettre A. S. à un ami [Dayot], S. l. n. d. [1904 ?], 4 p. in-12 : « Il vient de m’arriver une chose folle, extraordinaire, imprévue et “qui pourtant est vraie”. Je viens de “placer” mon jacquerie à un riche Teuton ! ».
38. Lettre A. S. à un ami, Vienne, 21 juin 1885, 3 p. : « Quel beau livre, mon bien cher ami, et attrayant et passionnant ! et terrifiant ! […] comme tout ce monde-là cela est arrangé subtilement et véridiquement ce monde-là est vivant sous ce terrible et catastrophal nuage… qui vous – si j’ose dire – font une trouille intense… car on sent que c'est ça qui va nous tomber dessus et nous engloutir encore une fois. Et puis, alors, en ma qualité de peintre j'ai été absolument ravi des intérieurs et des décors qu'on dirait tellement fait “d'après nature”. ». La lettre est signée « Père Gro ».