Acrylique et pastels gras sur toile
Signée en bas à droite "ABOUDIA"
175 x 180 cm
Acrylic and oil pastel on canvas
Signed lower right "ABOUDIA"
68.89 x 70.86 in.
Collection particulière, Côte d'Ivoire
Un certificat de la Fondation Aboudia sera remis à l'acquéreur
Lot en provenance hors Maroc
Né en 1983 à Abidjan, Aboudia travaille à Brooklyn. Jeune artiste largement plébiscité par le marché, son travail a déjà été exposé, entre autres, au Musée d'art de Tel Aviv, au musée du Nevada, à la Roval Academy Summer Show 2017 et à la Saatchi Gallery. Très inspirés par Abidjan, ville où il a grandi, en particulier par les quartiers populaires d'Abobo, Yopougon et Treichville où les graffitis des jeunes tapissent les murs, ses premiers travaux sont très personnels et teintés de contestation.
Témoin d'une Afrique contemporaine en pleine ébullition, ses œuvres sont fortement stratifiées et brutalement énergiques, combinant spontanéité et représentation d'un monde plus sombre qu'il n'y paraît.
Depuis la guerre civile ivoirienne de 2011, ses paysages urbains sont hantés par des traumatismes. Ainsi se succèdent soldats armés, crânes sinistres et population encerclée par le danger.
Plus récemment, ses travaux abordent les difficultés de la vie quotidienne et les inégalités sociales d'Abidjan, ville claustrophobique et parfois oppressante. Aboudia parvient néanmoins à trouver l'équilibre subtil entre pathos et agressivité. Aboudia inclut dans ses œuvres le patrimoine culturel ivoirien. Ainsi, il fait autant référence aux habitants de son quartier, qu'aux formes traditionnelles vohou-vohou mais aussi à l'iconographie nouchi contemporaine.
Le nouchi est un mélange de français et de plusieurs langues de Côte d'Ivoire apparu au début des années 1970. Parlé au départ par les populations aux abords des marchés, gares et cinémas, il est aujourd'hui commun à toutes les catégories sociales. Ainsi, de langue des classes les plus pauvres, le nouchi est devenu la langue de la comédie populaire et de la musique ivoirienne.
Mystérieuses et comprenant de nombreux détails, il faut souvent observer les œuvres d'Aboudia plusieurs fois avant d'en déchiffrer tout le sens. La révolte de l'artiste, dans son environnement urbain quotidien fait écho à des artistes de la grande tradition américaine tels que Twombly ou Dubuffet.
Ainsi, l'utilisation sans retenue de la figuration violente rappelle le pouvoir de la peinture à montrer le chaos de la vie.
Born in 1983 in Abidjan, Aboudia works in Brooklyn. A young artist widely acclaimed by the market, his work has already been exhibited at the Tel Aviv Museum of Art, the Nevada Museum, the Royal Academy Summer Show 2017 and the Saatchi Gallery, among other places. Very inspired by Abidjan, the city where he grew up, in particular the working-class neighbourhoods of Abobo, Yopougon and Treichville where young people's graffiti covers the walls, his first works are deeply personal and tinged with protest.
Witnessing a contemporary Africa in turmoil, his works are highly layered and brutally energetic, combining spontaneity with the representation of a world that is darker than it seems. Since the Ivorian civil war of 2011, his urban landscapes have been haunted by trauma.
They show successions of armed soldiers, sinister skulls and a population surrounded by danger.
More recently, his work continues to address the difficulties of daily life and the social inequalities of Abidjan, a claustrophobic and sometimes oppressive city. Aboudia nevertheless manages to strike a subtle balance between pathos and aggression. Aboudia includes Ivorian cultural heritage in his work. For example, he equally refers to characters from his neighbourhood to traditional Vohou-Vohou forms and also to contemporary Nouchi iconography. Nouchi is a mixture of French and several Ivory Coast languages that emerged in the early 1970s. Initially spoken by people around markets, railway stations and cinemas, it is now common to all social categories.
Thus, from being the language of the poorest classes, Nouchi has become the language of popular comedy and Ivorian music. Mysterious and full of detail, Aboudia's works need to be viewed several times before their full meaning can be deciphered.
The artist's revolt in his daily urban environment echoes artists of the great American tradition such as Twombly or Dubuffet. For instance, the unrestrained use of violent figuration is a reminder of the power of painting to show the chaos of life.