In-8, maroquin janséniste bordeaux, dos à 5 nerfs, doublure de maroquin bleu nuit, gardes de soie bordeaux, tranches dorées (Huser).
Bechtel, 502/M-325 // Brunet, III-1704 et Supplément I-1028 // Renouard, ICP, II, 1516-1436 // USTC, 14568.
(119 f. sur 120, le dernier blanc manquant ici) / A-P8 (avec B1 signé B2) /
31 lignes parfois longues, car. goth. / 92 × 156 mm.
Édition originale de cette œuvre, le premier ouvrage de Guillaume Michel de Tours, qui se veut une sorte de guide spirituel pour le cheminement de vie.
On ignore à peu près tout du poète Guillaume Michel, dit de Tours, sinon qu’il est né à Châtillon-sur-Indre et vivait dans la première moitié du XVIe siècle. On conserve de lui des traductions d’auteurs latins (Virgile, Suétone, Salluste, etc.), quelques œuvres littéraires, ainsi que quelques poèmes allégoriques.
Dans La Forest de conscience, vaste poème alternant vers et prose, l’auteur compose une œuvre morale, cest assavoir comment lon doibt peche chasser hors sa conscience quant il y est. Les péchés capitaux y sont comparés à des bêtes sauvages (lion, ours, dragon, loup, etc.) qui peuplent la forêt de conscience (l’âme chrétienne) et que poursuivent des chasseurs spirituels (les vertus cardinales et théologales) aidés de chiens. Ces descriptions en vers sont suivies d’exhortations en prose et l’ouvrage se clôt par diverses pièces et un rondeau à la Vierge.
Cet ouvrage parut pour la première fois chez Michel Le Noir, le dernier iour de septembre Milcinq cens et seize. Le nom de l’auteur, absent du titre, y est donné dans le privilège et au colophon. Le privilège précise par ailleurs que ledit guillaume michel dict avoir employe beaucoup de son temps fraye de grans deniers pour le papier : facon et impression et qu’il souhaite se rembourser de ses fraiz, mises, paines vacations.
L’ouvrage dut connaître quelques succès puisque le même Le Noir en donna une seconde édition dès 1520, copiée ligne à ligne sur la première. Elle comporte de nombreux marginalia en latin.
Grande marque de Le Noir sur le titre (Renouard, n° 620) et 24 bois quasiment à pleine page (en réalité 19 bois différents dont 5 répétés) représentant les péchés et les vertus. Le dernier bois, qui ouvre les pièces à la Vierge, représente Marie.
L’ensemble du volume est en bon état général mais les premiers et dernier cahiers (A, B et P) devaient être très abîmés et ont été fortement restaurés, avec plusieurs atteintes au texte. Ils en gardent de nombreuses traces et d’anciennes salissures. Mouillure marginale en pied de 7 feuillets (G5 à G7 et L8 à M3).