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Jean MOLINET.
Cest le romant de la rose Moralisé cler et net Trãslaté de rime en prose Par vostre hũble molinet.
Estimation :
20 000 - 25 000 €

Description complète

Jean MOLINET.
Cest le romant de la rose Moralisé cler et net Trãslaté de rime en prose Par vostre hũble molinet.
Lyon, Guillaume Balsarin, 1503.

In-4, maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, dos à 5 nerfs très joliment orné aux petits fers avec fleurs, tiges foliacées, fleurons, points…, large roulette florale intérieure, doublure et gardes de papier peigne, tête dorée (Reliure du XVIIIe siècle).

 

Baudrier, XII-60 // Bechtel, 517/M-440 // Bourdillon, Y, pp. 138 et s., pp. 193 et s. // Brunet, III-1176 // Tchemerzine-Scheler, IV-234 // USTC, 30256.

 

CLIIIf. (sur CLIV, sans le f.a4 blanc non compris dans la foliotation) / a4, b-g6, h4, i-n6, o-z4-6, ク4, aa-dd6-4, ee6 / 45 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 184 x 257 mm.

 

    Première ou seconde édition de la translation en prose par Molinet du Roman de la rose avec des moralités ajoutées à chaque chapitre.

    Jehan, ou Jean, Molinet est un poète et chroniqueur français né à Desvres, dans le Boulonnais, en 1435. Après des études qu’il acheva à l’université de Paris, il tenta, sans succès, de s’attacher au roi Louis XI, puis à la duchesse de Bretagne et enfin au roi d’Angleterre. Il se maria, eut un fils qui devint chanoine de Condé puis se rapprocha de la maison de Bourgogne et devint secrétaire de Georges Chastellain, ou Châtelain, son maître et ami, à la mort duquel il succéda dans la charge d’indicataire, c’est-à-dire chroniqueur et historiographe de la maison ducale. Il devint conseiller de Philippe le Beau, duc de Bourgogne de 1482 à 1506 et fut ensuite nommé bibliothécaire de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas. Devenu veuf, il entra dans les ordres en 1501 et obtint un des canonicats de la collégiale de Valenciennes, ville où il s’éteignit en 1507.

    Son œuvre poétique et littéraire est considérable même si d’aucuns la jugent plus importante par sa quantité que par sa qualité. À son époque, il fut apprécié comme l’un des plus grands poètes et écrivait avec une facilité prodigieuse. Son œuvre est à la fois historique, poétique, littéraire et même musicale puisqu’il est aussi l’auteur de chants rimés.

    Si sa création est principalement poétique, Jean Molinet n’en délaissait pas pour autant la prose, d’abord comme historiographe, mais également comme littérateur, témoin ce Roman de la Rose, translation de la version rimée de Guillaume de Lorris et Jean de Meung.

    C’est une œuvre de commande qui s’inscrit dans l’antique tradition du mécénat seigneurial, réalisée par Jean Molinet à la demande de Philippe de Clèves, seigneur de Ravenstein qui souhaitait disposer d’une version intégrale, en prose, du poème original.

    Jean Molinet, dans Le Prologue de son texte, y confirme que l’œuvre lui fut commandée par tres haulte et noble seigneurie. Il poursuit ensuite en indiquant que la chose mise a execution semblera de prime face fort estrange / de grant labeur et dinutile fruict tant le poème est parfait mais il conclut in fine que la version en prose, plus intelligible car elle évite les répétitions dues à la rime, est rédigée en langage plus moderne.

    Le texte est d’autant plus compréhensible que Jean Molinet a divisé celui-ci en 107 chapitres qu’il fait suivre chacun d’une glose qu’il intitule Moralité.

    Si notre édition est incontestablement datée de 1503 au colophon, il existe une incertitude quant à son statut de première édition en raison de l’existence d’une autre édition très proche, donnée par Antoine Vérard à Paris devant la rue neufve nostre Dame, sans date, et sur laquelle les bibliographes avancent des thèses différentes. Macfarlane (n° 186), Bechtel et l’USTC proposent la date de 1511, sans certitude ; Brunet et Tchemerzine la situent vers 1503 ou après, en rappelant le déménagement de Vérard à cette date pour l’adresse de la rue Neuve Notre-Dame. D’après toutes ces sources, l’édition Vérard serait postérieure à celle de Balsarin. Bourdillon, en revanche, au terme d’un long développement, conclut à l’antériorité de l’édition de Vérard sur celle de Balsarin, en s’appuyant notamment sur la comparaison de la composition et des bois de chaque édition et en soulignant la complexité de la datation des productions de Vérard par la seule adresse de l’éditeur. Sans pouvoir être absolument affirmatifs, cette thèse nous semble confortée par la mention au colophon, sur l’édition Balsarin, de : autrement corrigie & amende quil nestoit par denant (sic) / cõme il appert clerement en divers passaiges chapitres et nous considérons l’édition que nous présentons comme étant la seconde.

    L’ouvrage est illustré d’une petite lettrine répétée une fois, d’une grande lettre grotesque, d’un grand bois représentant un clerc à sa table inspiré par un ange, et de 139 petits bois dans le texte (en réalité 67 bois dont 26 répétés deux fois, 8 répétés trois fois, 6 répétés quatre fois et 3 répétés cinq fois). Ces figures sont copiées, sauf pour deux d’entre elles, sur celles de l’édition en vers de 1485 publiée à Lyon chez Syber. Plusieurs lettrines parfois historiées à fond criblé et marque de l’imprimeur au dernier feuillet.

    Bel exemplaire en maroquin rouge du XVIIIe siècle.

    Restaurations anciennes à 2 coins et au dos. Annotations marginales anciennes en français à plusieurs feuillets, parfois coupées par le relieur, importante réparation marginale au premier feuillet et déchirure à une garde, mouillures anciennes au dernier quart du volume.

    Inscription manuscrite ancienne sur une garde Mr Le Breton Delehaize principal du college de Lamballe.

Provenance :

Le Breton (ex-libris manuscrit) et cachet non identifié.

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