Petit in-4, maroquin olive, triple filet avec pastilles dans les angles, dos à 5 nerfs joliment orné, roulette intérieure, tranches dorées (Koehler).
Bechtel, 589/P-26 // Brunet, IV-372 // Claudin, III, p. 43 // USTC, 95484.
(32 f.) / A-H4 / 39 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 120 × 174 mm.
Huitième édition de ce roman courtois, dont chacune est d’une insigne rareté.
Le roman de Paris et Vienne est une prétendue traduction d’un récit provençal dont l’origine est restée inconnue.
Il existe deux versions de ce roman ; la première dite longue fut composée en 1432 par Pierre de La Cépède, auteur dont on connaît très peu de choses sinon qu’il était originaire d’une famille de Marseille, qu’il fut consul dans sa ville natale et écuyer du duc Louis II d’Anjou.
La seconde version dite courte fut composée anonymement dans la première moitié du XVe siècle à partir du roman de Pierre de La Cépède. C’est une version abrégée qui connut un très grand succès et qui fut l’objet d’un grand nombre d’éditions. C’est cette version que nous présentons.
Le sujet de Paris et Vienne est un thème universel que l’on retrouve dans maints contes et légendes de tous les pays. Deux jeunes adolescents de rangs sociaux différents s’aiment. Le père de la jeune fille, dauphin du Viennois, est opposé au mariage. S’ensuivent de multiples aventures et péripéties à l’issue desquelles les deux jeunes amoureux se retrouvent et se marient.
La première édition, inconnue à toutes les bibliographies et dont seul Claudin fait mention, fut publiée à Lyon chez Guillaume Le Roy vers 1480. Elle fut suivie de quatre éditions incunables, puis de deux autres éditions avant celle que nous présentons parue chez Jehan II Trepperel vers 1525. L’ouvrage connut ensuite de nombreuses autres éditions au XVIe siècle.
Un grand bois sur le titre montrant Paris et Vienne au milieu d’un jardin arboré et fleuri de roses, les deux personnages placés sous deux phylactères avec leurs noms, ce bois repris une fois dans le texte et au verso du dernier feuillet, et 11 bois de diverses tailles dans le texte. Grandes et petites lettrines.
Cette édition est rarissime. L’USTC ne fait référence qu’aux exemplaires cités par Brunet, repris ensuite par Pettegree, et considère cet ou ces exemplaires comme perdus.
Brunet cite l’exemplaire Heber sans aucune indication et l’exemplaire Giraud en maroquin olive.
L’exemplaire de Richard Heber a été vendu en 1836 (IX, 11-26 avril,
n° 2227). La notice du catalogue ne donne pas non plus d’indication sur la reliure mais mentionne que l’ouvrage proviendrait de la collection Lauraguais. Le catalogue de la vente Lauraguais rédigé par De Bure en 1770 ne mentionne pas le volume.
L’exemplaire de Charles Giraud a été vendu en 1855 lors de la vente de sa bibliothèque. La description, si laconique qu’elle soit : mar. ol. fil. tr. dor. (Koehler), permet néanmoins d’identifier formellement cet exemplaire comme le nôtre.
Ce dernier enfin porte, par ailleurs, sur une garde l’ex-libris d’Armand Bertin mais il est absent de sa vente de 1854.
Tous ces éléments ne nous permettent pas d’établir que l’exemplaire Heber et l’exemplaire Giraud soient le même. Le volume est de toute façon d’une extrême rareté.
Tache un peu sombre au second plat. Mouillure ancienne au titre, réparation angulaire à un feuillet, piqûres sur les gardes, fantômes d’annotations manuscrites en latin à plusieurs feuillets.
Provenance :
Armand Bertin (ex-libris) et Charles Giraud (26 mars-28 avril 1855,
n° 1908).