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RARE FUSIL DE CHASSE DOUBLE DE L’EMPEREUR NAPOLEON Ier ET DES CHASSES IMPERIALES
Exposé lors de l'Exposition universelle de 1900, provenant de la collection Bro de Comères et des collections napoléoniennes du Palais Princier de Monaco
Estimation :
50 000 - 80 000 €
Vendu :
177 120 €

Description complète

RARE FUSIL DE CHASSE DOUBLE DE L’EMPEREUR NAPOLEON Ier ET DES CHASSES IMPERIALES
Exposé lors de l'Exposition universelle de 1900, provenant de la collection Bro de Comères et des collections napoléoniennes du Palais Princier de Monaco

Fusil de chasse double à silex, à canons tournants, par La Page, à un chien et deux batteries.

Canons ronds bleuis patinés, superposés, à méplats supérieurs et pans aux tonnerres, richement gravés de guirlandes fleuries, de bombes explosantes, sur fond d’or. Points de mire en argent décorés à l’or à leurs bases.

Un canon marqué à l’or « LE PAGE A PARIS » et l’autre « ARQr DU ROI ».

Platine à corps plat décorée à l’or et gravée d’une tête de chien dans un cor de chasse, d’un aigle guettant sur une branche d’arbre. Chien col de cygne avec sécurité à corps plats, gravés d’un animal fantastique, de gibiers et de frises fleuries. Platines de batterie signées à l’or « LE PAGE », avec bassinet à double volute garni d’argent. Pontet en argent ciselé d’un mufle de lion, bleui, décoré à l’or d’un aigle tenant un lièvre dans ses serres, libérant par pression la rotation des canons.

Contre platine en argent estampé et ciselé à décor d’un cheval poursuivant une lionne.

Vis guillochées.

Plaque de couche en argent, à retour ciselé en fort relief d’un trophée de chasse, hure de sanglier, cor, dague, gibecière, feuilles de chêne.

Crosse en noyer veiné orné d’une pièce de pouce en or et enrichi commémorativement, sur le côté droit en incrustation d’or, du chiffre « N » sous couronne impériale (petit coup, manque la croix).

Baguette à embout en corne. Entrée de baguette au lièvre et passants de baguette perlés en argent.

Longueur : 124 cm - Calibre : 16 mm environ

Poinçon de titre et de petite garantie Paris (1809-1819)

 

Le marquage du canon « ARQr du ROI » a été modifié lors d’un passage aux ateliers de Lepage lors de la Restauration, probablement pour la modification de la crosse (notamment par l’ajout d’un quadrillage).

 

Bon état. Époque Premier Empire, les platines datées de 1812.


Provenance :

- Collection Bro de Comères ;

- Vente 5 juillet 1929, Drouot (Me Lair-Dubreuil, expert Pierre Foury), « Fusil de chasse ayant appartenu à l’empereur Napoléon Ier ». Vendu 46 700 francs ;

- Puis collections du Prince Louis II de Monaco ;

- Vente du 16 novembre 2014 (Binoche-Giquello & Osenat), lot 134 (Expert Jean-Claude Dey).

 

A double hunting rifle from the Emperor Napoleon I

 

Expositions :

-Exposition universelle de 1900 à Paris, « Musée rétrospectif de la classe 51 » , planche VI, n°3 : « Fusil de chasse à canons tournants de Napoléon Ier, fait par Le Page, appartenant à M. le baron Bro de Comères »

-Musée napoléonien du Palais princier de Monaco.

 

Œuvres en rapport :

Quelques rares fusils et carabines de ce modèle connus, provenant de l’Empereur Napoléon Ier, avec quelques variations de décor, notamment dans les gravures de la platine :

- Un modèle de carabine similaire du nôtre exécuté par Lepage pour l’Empereur dans les collections du musée de l’Armée (n°1002 I). Il provient lui aussi de la collection Bro de Comères (1872) et porte elle aussi le même chiffre « N » sous couronne.

- Un similaire, dans les collection de la fondation Napoléon (Inv 1111), la crosse avec joue recouverte de maroquin, donné par l’Empereur au lieutenant de vaisseau Jean Victor Besson.

- Un autre exemplaire proche dans les collections du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne, donné par l’Empereur Napoléon Ier à Abraham Noverraz à Sainte-Hélène. 


Commentaires :


Les chasses impériales


« C’est très savant la chasse… presque aussi savant que la guerre » - Napoléon en 1807 au maréchal Berthier, grand veneur des chasses impériales


Avec les secousses de la Révolution et la dispersion des équipages, la pratique cynégétique française accuse un certain erratisme. Rapidement, les membres du Directoire et du Consulat renouent avec les habitudes bourboniennes de l’Ancien Régime, tout en ayant perdu certaines compétences. En 1802, lors du séjour du roi d’Etrurie à Paris, le manque d’équipage devient un véritable sujet diplomatique. Bonaparte, premier consul, y remédie rapidement en faisant l’acquisition de pavillons et de parcs de chasse aux environs de la Malmaison et de Saint-Cloud.

En 1804, Napoléon empereur souhaite s’inscrire dans la pratique millénaire des souverains français. Il prête alors une grande attention à l’organisation des chasses impériales et nomme le maréchal Berthier grand veneur. La chasse devient alors un instrument clef dans sa démonstration du pouvoir politique comme le montre la rencontre mise en scène par l’empereur avec le pape Pie VII dans la forêt de Fontainebleau.

        À partir de 1809, après son divorce avec Joséphine, la pratique des chasses impériales s’intensifie : Napoléon prend un réel plaisir à l’exercice qu’il partage avec sa nouvelle épouse Marie-Louise. Cette activité devient un outil diplomatique essentiel qui permet de fédérer ses alliances, notamment avec les rois de Saxe et de Wurtemberg, ou de remercier son entourage et ses maréchaux. En 1812 après la campagne de Russie, l’organisation des chasses lui permet d’arborer une normalité rassurante aux yeux des Français.

         Au total, Napoléon aura participé à plus de 350 chasses durant son règne. Il attachera une grande attention à la commande d’objets cynégétiques de grand luxe, dont les armes à feu en sont le plus précieux symbole. Malgré la légende tenace d’un empereur piètre tireur, dont la perte de l’œil du maréchal Massena semble donner raison, son goût pour la tactique militaire appliquée à la traque du gibier et son endurance de cavalier entérine l’idée d’un empereur grand maître de la billebaude.


Bibliographie :

VIAL Charles-Eloi, Les chasses impériales de Napoléon Ier, Thèse, 2011.

REVERSEAU Jean-Pierre, Le Cabinet d'armes du Musée de la Chasse et de la Nature, De la mèche au silex, éditions de l'Esplanade, 2019

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