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Girolamo Francesco MAZZOLA, dit IL PARMIGIANINO Parme, 1503 - Casalmaggiore, 1540
Deux études de figures drapées au violon
Estimation :
60 000 - 80 000 €

Description complète

Deux études de figures drapées au violon
Plume et encre brune

Collé en plein sur un montage ancien (numéroté en haut à gauche au crayon noir 2.395.6.6, et en haut à droite 91)

Annoté 'école italienne. Parmesan, tiré du cabinet Denon, ce dessin et celui qui suit ont été vendus 72 francs à cette vente Denon' au verso du montage à l’encre brune 

10,5 x 5 cm

10,5 x 5,5 cm

Sans cadre


Two studies of draped figures with violin, pen and brown ink, by G. F. M. Mazzola, called Il Parmigianino

4.13 x 1.97 in. & 4.13 x 2.16 in.

Provenance :

Probablement collection de Thomas Howard, comte d'Arundel (1585-1646) ;

Probablement collection d'Anton Maria Zanetti l'Ancien (1680-1767) ;

Collection de Dominique-Vivant Denon (1747-1825), son cachet (L.779) en bas à droite ;

Probablement sa vente, Paris, 1er mai 1826, n° 395 ;

Collection Defer-Dumesnil, son cachet (L.739) en bas à gauche du montage ;

Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Me Néret-Minet, 5 février 2004, n° 14-15, repr. ;

Collection particulière, Paris

Commentaire :

Sans être directement préparatoires à une œuvre connue, ces deux esquisses peuvent être rapprochées du travail de Parmesan à l’église Santa Maria della Steccata, lorsqu’il revient à Parme en 1530. Parmesan travaille sur ce projet de décor de 1530 à 1539, avant d’être écarté du chantier par le conseil de la fabrique de l’église, las de ne pas voir le projet évoluer.

Le thème musical de nos dessins se rapproche de celui des figures peintes par Parmesan qui ornaient les volets de l’orgue de Santa Maria della Steccata. Elles représentent David et sainte Cécile, tenant des violes. Peintes bien avant, on suppose qu’elles furent exécutées pour l’orgue de l’oratoire de San Giovanni della Steccata, avant la construction de l’église (selon différentes hypothèses, entre 1521 et 1524). Les deux peintures, abîmées et largement repeintes, ornent maintenant les murs de l’église. Tout au long de sa carrière, Parmesan représente des figures jouant de la musique, aussi bien en peintures qu’en dessins. Il s’agit pour lui de la représentation de l’ineffable autant que du plaisir mélomane. Comme Léonard de Vinci, « Francesco se plaisait à jouer du luth, son esprit et sa main y étaient si disposés, qu’il ne fut pas moins excellent en cela que dans la peinture », nous rapporte Vasari dans ses Vite1. La musique semble avoir été une importante source d’inspiration quand Parmesan était au travail, comme l’indique Dominique Cordellier dans le catalogue qu’il consacre aux dessins de l’artiste2.

Concernant la provenance, l’historien de l’art britannique Arthur E. Popham écrit dans son catalogue en 1971 que tous les dessins de Parmesan de la collection d'Anton Maria Zanetti (il en possédait 130) provenaient de la collection du comte d'Arundel. Il ajoute que les 40 dessins de la collection de Dominique-Vivant Denon provenaient tous de chez Zanetti3.


1.     Giorgio Vasari, Vite, édition de 1568, éd. Bettarini et Barocchi, Florence, 1967-1969, IV, p. 545.

2.     Voir le catalogue d’exposition, Parmigianino Dessins du Louvre, Paris, ed. Musée du Louvre, 2015, p. 17.

3.     Voir Arthur E. Popham, Catalogue of the Drawings of Parmigianino, 3 vol., New Haven et Londres, ed. Yale University Press, 1971.


Nous remercions le professeur David Ekserdjian de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ces dessins dans un courriel en date du 6 octobre 2025 et après un examen de visu en date du 20 janvier 2026.

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