(Restaurations)
Three children playing with puppies, oil on canvas, by F. Lupicini
44.88 x 34.25 in.
Vente anonyme ; Londres, Christie's, 11 décembre 2002, n° 111 (comme Felice Ficherelli, il Riposo) ;
Collection particulière, Florence, en 2016 ;
Collection particulière, Île-de-France
Francesca Baldassari, La Pittura del Seicento a Firenze. Indice degli artisti e delle loro opere, Milan, 2009, p. 471, p. 473, n° 255
Filippo Gheri, "Qualque novità per Francesco Lupicini", Paragone, année LX, n° 713, troisième série, 86, juillet 2009, p. 54 n° 29 et p. 57, note 12
Francesca Baldassari, A masterpiece of the Florentine Seventeenth Century : Francesco Lupicini's David and Goliath, Gênes, 2016, p. 32, n° 22
L’iconographie complexe de notre toile n’a pas révélé tous ses mystères auprès des historiens de l’art. Francesca Baldassari relève (opus cité supra) qu’un sujet si complexe s’explique sans aucun doute par une commande précise, réfléchie et voulue par un grand collectionneur. La Toscane du XVIIe siècle est écartelée entre deux mouvements de pensées antagonistes : d’une part de grandes percées intellectuelles et scientifiques font rayonner la cité au niveau international, d’autre part une présence accrue de la religion, soutenue par les personnalités de grands-ducs tel Cosme III de Medicis (1642-1723) dont le règne fut interminable, isole la Toscane. Le seicento florentin bénéficie de ce goût pour l’étrange et l’exagération déjà insufflé au siècle précèdent avec le maniérisme. La redécouverte récente de morceaux de bravoure de Francesco Lupicini permet désormais de mieux connaître cet artiste confidentiel, élève de Lodovico Cigoli, qui n’est pas mentionné dans les Notizie du biographe florentin Filippo Baldinucci (1625-1696), probablement en raison de son départ pour l’Espagne en 1635. La Manne tombant du ciel, peinte pour l’Eglise Santa Maria del Carmine à Pistoia lui est désormais rendue après avoir été longtemps donnée à son cousin Giovanni Battista Lupicini (1575-1648). D’autres tableaux, apparus depuis une vingtaine d’année sur le marché de l’art, permettent désormais de mieux appréhender toute l’originalité de son œuvre, comme en témoigne son Autoportrait à l’éperon d’or de l’ancienne collection Riechers1 vendu en 2019.
La rousseur des cheveux des deux petits garçons, la croyance pour les vertus protectrices du corail pour les enfants, les friandises sucrées posées sur le sol et le luxe de la robe de la jeune fille : voilà nombre de détails qui nous plongent dans la Florence richissime et sophistiquée du XVIIe siècle. Portrait de famille figé autour de l’arrivée tant attendue d’une portée de chiots ? Allégorie de la fidélité filiale ? Simple caprice ayant pour objectif de susciter la curiosité du visiteur au sein d’une galerie de palais ? Si notre toile nous ravit par son équilibre et sa palette raffinée, elle n’a pas encore livré tous ses secrets.
1. Vente de la collection Riechers ; Paris, Hôtel Drouot, Ader, 24 juin 2019, lot 8 (vendu 192.000 €)