Cachet de la signature en bas à gauche "Berthe Morisot" (Lugt L.1826)
Descendance de l’artiste
Galerie Jean-Claude & Jacques Bellier, Paris
Collection particulière
Custot Gallery Limited, Londres
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 26 mars 2010
Collection Louis Grandchamp des Raux
Paris, Galerie Durand-Ruel, Berthe Morisot (Madame Eugène Manet), avec portrait photogravé d’après Édouard Manet, Préface par Stéphane Mallarmé, Exposition de son oeuvre, mars 1896, n°214, p.32
Paris, Galerie Jean-Claude & Jacques Bellier, D’Ingres à nos jours, 1960, n°58, p.15 (selon une étiquette au dos, titré Jeune femme aux champs)
Paris, Musée Jacquemart-André, Berthe Morisot, 1961, n°110 (selon une étiquette au dos, titré et annoté Jeune femme aux champs dans les vignes / Pastel d’Alayer).
M. Angoulvent, Berthe Morisot, Editions Albert Morancé, Paris,1933, n°144, p.124
M.-L. Bataille, G. Wildenstein, Berthe Morisot, Catalogue des peintures, pastels et aquarelles, Beaux-Arts, Paris, 1961, n° 464, fig. 454, reproduit en noir et blanc p. 53
La Gazette Drouot, n°19, 16 mai 2008, reproduit p.23
Pastel on paper; stamped with the signature lower left; 18 1/8 x 23 in.
Berthe Morisot, belle-sœur d’Edouard Manet, fut avec l’Américaine Mary Cassatt et la Française Eva Gonzales, la plus importante femme peintre du mouvement Impressionniste.
Réalisé en 1882, ce pastel appartient à l’une des périodes les plus fécondes de l’artiste, l’année même de la Septième exposition impressionniste, où la critique la consacre comme « l’impressionniste par excellence».
Lors de cette exposition qui se tient au mois d’avril, elle expose neuf œuvres, dont trois pastels de paysages. Cette même année, Berthe Morisot séjourne une grande partie de l’année à Bougival (fig. 4), où elle loue chaque été, entre 1881 et 1884, une maison de campagne avec son mari et leur enfant (fig. 2 et 3). Partageant son temps entre la peinture et la vie familiale, elle y trouve une source d’inspiration inépuisable. La propriété, dotée d’un vaste jardin fleuri, devient le théâtre de nombreuses études en plein air. Une aquarelle également intitulée Dans les vignes, datée de 1881 et localisée au verso à « Bougival », permet de situer le présent pastel dans le même environnement (fig. 1).
À la différence de l’aquarelle qui représente plusieurs femmes travaillant parmi les ceps, notre œuvre se concentre sur une seule figure féminine. Par ses vêtements bleus et blancs et sa coiffe rouge, la jeune femme se détache du feuillage environnant. La vibration lumineuse de la palette et la souplesse de la touche animent la surface et fondent les formes dans une harmonie colorée. Quand la plupart des artistes femmes de son temps se consacraient aux natures mortes florales ou aux paysages à l’aquarelle, Berthe Morisot oriente ses recherches vers la figure féminine, souvent inspirée de son entourage : membres de la famille, voisines ou domestiques. Cette jeune femme dans les vignes incarne ainsi la féminité moderne, thème central de son œuvre. En 1896, Dans les vignes figure parmi les œuvres sélectionnées pour la rétrospective posthume de Berthe Morisot, organisée un an après sa mort dans la galerie Durand-Ruel. La préface du catalogue fut rédigée par Stéphane Mallarmé, fidèle ami et admirateur de l’artiste.
Fig. 1 : Berthe Morisot, Dans les vignes (Bougival), 1881, aquarelle sur papier
Fig. 2 : Berthe Morisot, Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival, 1881, huile sur toile, Musée Marmottan-Monet, Paris
Fig. 3 : Berthe Morisot, Le jardin à Bougival, 1884, huile sur toile, Musée Marmottan-Monet, Paris
Fig. 4 : Pierre-Auguste Renoir, Le déjeuner des canotiers, 1880-1881, huile sur toile, Philipps Collection, Washington