Casque en pointe orné en relief d’un décor géométrique constitué de serpents encadrant un tableau rectangulaire horizontal représentant une scène avec de nombreux personnages en frise. Restauration.
Haut.: 26,5 cm
Collection particulière, Suisse, 1992
Christie's, Londres, 14 avril 2011: n°331 (ill.)
Collection Christian Levett, Musée d'Art Classique de Mougins
Musée d'Art Classique de Mougins (MACM), Mougins, France, juin 2011-août 2023 (Inv. n° MMoCA725)
Christie's, Antiquities, sale 6060, Londres,14 avril 2011, lot 331
Minerva : the International Review of Ancient Art & Archaeology, juillet/août 2011, vol. 22, no. 4, n°23
N. Nussbaum « À Mougins, les casques gréco-romains racontent les guerres antiques » in Nice Matin, 24 mai 2015, p.35
Le royaume d’Urartu, établi sur le haut plateau arménien, se distingue par une production maîtrisée d’objets en bronze. Ces casques ont été découverts à la fois dans des dépôts cultuels et dans les armureries de complexes palatiaux. La forme conique, caractéristique du style urartéen est symbole de puissance et du divin. Le programme iconographique se déploie à la manière d’une stèle en registres superposés.
Au centre, une frise encadrée par deux groupes de quatre serpents léontocéphales met en scène une divinité ailée : vraisemblablement Teisheba, dieu des orages au sein de la triade urartéenne. Il est flanqué de dévots aux bras chargés d’offrandes et sa position emprunte au dieu Assur, divinité tutélaire de l’Assyrie rivale. Ce traitement révèle les échanges entre deux puissances qui, entre le VIIIe et le VIIe siècle av. J.-C., s’affrontent autant qu’elles s’influencent.
Cette perméabilité se lit avec éclat dans le registre inférieur du casque. Une scène de chasse au lion, privilège royal par excellence, est rendue dans le style des bas-reliefs assyriens. Pratique à la fois aristocratique et sacrificielle, la chasse au lion fait écho au succès militaire célébré sur le bandeau supérieur, qui présente un défilé de guerriers en armes.
Plus que de simples objets votifs, ces casques étaient portés par l’élite urartéenne. Leurs représentations cosmologiques confèrent au porteur une protection divine, à laquelle répondent en contrepoint les frises militaires qui affirment la puissance du royaume.
Ce casque à fait l’objet d’une analyse plus approfondie par Gayane Poghosyan dans le Journal of Ancient History and Archeology (POGHOSYAN, G., «Ritual scenes in the artistic decoration of the urartian bronze helmets» in Journal of Ancient History and Archaeology No. 11–3/2024).