En bois et cuir
H. : 13,8 cm (5³⁄₈ in.)
A Chokwe mortar, Angola
Eduardo Uhart, Paris et Santiago
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Arts d'Afrique noire, 1995, n°94, ill. (publicité Galerie Dartevelle)
Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 109, fig. 132
Parmi les remarquables mortiers Chokwe de la collection Jean-Jacques Rotthier figure ce très bel exemplaire surmonté d’une figure équestre sculptée.
Le tabac fut introduit en territoire Chokwe au XVIIᵉ siècle par l’intermédiaire des réseaux commerciaux portugais. Initialement fumée dans des pipes, cette plante précieuse fut progressivement transformée en tabac à priser à partir du XVIIIᵉ siècle. En raison de son coût élevé, le tabac devint un produit de luxe réservé aux chefs, aux anciens et aux individus de haut rang.
Ce mortier est orné de rares clous de tapissier européens en laiton, qui constituaient d'importants marqueurs de richesse et de prestige. Les Chokwe utilisaient ces objets richement décorés lors des audiences publiques afin d’honorer leurs visiteurs de marque. Au-delà de sa dimension sociale, la consommation de tabac revêtait une profonde importance rituelle. Fumer ou priser le tabac était considéré comme un moyen d’établir un lien entre le monde des vivants et celui des esprits, permettant de communiquer avec les esprits protecteurs et de rendre hommage aux ancêtres du lignage.